Les Travaux d'Hercule
Festival Claude Terrasse 2020

Présentation 

C'est une toute nouvelle version des travaux d'Hercule que vous allez découvrir. Découvrez l'envers du décor mythologique des Travaux d'Hercule, un opéra Bouffe de Claude Terrasse, sur un livret adapté et mis en scène par Réda Chéraitia, pour l'ensemble Kainos, qui s'amuse à offrir au public une relecture savoureuse, décalée et légèrement irrévérencieuse du mythe.

« Dans le livret original, très dense de Caillavet et de Flers, l'accent était mis sur un Hercule "homme politique", gérant sa carrière en "surfant" sur l'opinion publique. Un story-telling avant la lettre en quelque sorte. La dimension comique était évidemment déjà très présente dans le texte, avec son florilège de blagues et d'anachronismes. Mais les références au XXème siècle commençant, et le style pouvaient rendre "désuet" notre Hercule.

J'ai donc naturellement travaillé en ce sens pour adapter cet opéra, pour conserver son "âme" tout en l'actualisant un peu, et en allégeant la trame narrative.

Le style de la mise en scène est donc délibérément contemporain, en ancrant Hercule dans un univers "audiovisuel" très reconnaissable par le public.

J'ai voulu pour notre héros un écrin où les "Ors du pouvoir" se disputent avec les codes du Soap opera (le feuilleton à l'américaine), et de la médiatisation (à l'heure des réseaux sociaux). Nous avons aussi travaillé le rythme, l'énergie pour chercher à capter rapidement le public. Mais à l'humour vaudevillesque parfois "potache", j'ai préféré le décalage absurde de l'humour à l'anglaise. Hercule est donc ici un candidat promis aux plus hautes fonctions, géré par Palémon, un directeur de campagne opportuniste et son staff. Et l'ascension n'est pas une mince affaire : Il faut aussi gérer Omphale, une future première dame excentrique, Augias, un adversaire politique très entreprenant, Orphée, un artiste organisateur d'événements dépressif, Erichtona, une bombe diplomatique, des monstres, des administrés, et Lycius, un roi très cool et ces 30 filles nymphomanes. Avec les artistes de l'ensemble Kainos, nous avons le souhait de proposer un spectacle drôle, dynamique, très accessible, tout en rendant hommage à l'Opéra Bouffe et à Claude Terrasse (et ses contemporains).Un joli délire très contrôlé faisant la part belle aux artistes, par leur jeu et évidemment leur  art musical. « Réda Chéraitia, metteur en scène


Transcription : Julien WEBER

Né à Lyon en 1984, après des études à travers l'Europe (Belgique, Allemagne, France) il intègre le Jyväskylä Sinfonia en 2009 puis l'orchestre philharmonique de Tampere en 2011en Finlande au poste de hautbois solo.Il est par ailleurs lauréat de plusieurs concours internationaux dont le prestigieux concours international de Bayreuth ( Allemagne) en 2007.

Fort de cette expérience, il revient en France en 2015 pour participer activement à la création de l'Ensemble Kaïnos dont il devient le directeur musical. Il est par ailleurs hautbois solo remplaçant à l'orchestre de l'opéra de Lyon.Depuis sa création il a assuré la transcription des opéra bouffe de Claude Terrasse , la fiancée du scaphandrier, les travaux d'Hercule, la botte secrète, le sire de Vergy, la création de Hänsel et Gretel représentée 11 fois depuis sa création et de nombreuses pièces pour le concerts , les saisons,les couleurs etc

Les auteurs

Robert de Flers

« Né à Pont-l'Évêque (Calvados), le 25 novembre 1872. 
Descendant d'une des plus vieilles familles de Normandie, Robert de Flers était le fils d'un sous préfet de Pont-l'Évêque.
Ayant un temps songé, après des études de lettres et de droit, à faire carrière dans la diplomatie, c'est finalement vers la littérature et le journalisme qu'il s'orienta. Un voyage en Orient qu'il avait fait à la fin de ses études lui inspira ses premiers écrits : une nouvelle, " La Courtisane Taïa et son singe vert", un récit de voyage, "Vers l'Orient", et un conte," Ilsée, princesse de Tripoli".
C'est au théâtre cependant qu'il atteignit à la célébrité. Il écrivit avec Gaston de Caillavet toute une série de pièces, parmi lesquelles : Les Travaux d'Hercule (1891), Le Sire de Vergy (1903), Les Sentiers de la vertu (1904), Pâris ou le bon juge (1906), Miquette et sa mère (1906), Primerose (1911), L'Habit vert enfin, en 1913, dans lequel les auteurs raillaient avec beaucoup d'esprit l'Académie française !

Après la mort de Caillavet, Robert de Flers poursuivit son oeuvre théâtrale en collaboration avec Francis de Croisset : ils écrivirent ensemble Les Vignes du seigneur (1923), Les Nouveaux Messieurs (1925), Le Docteur miracle (1926), et un livret d'opérette, Ciboulette (1923), sur une musique de Reynaldo Hahn.

En 1921, Robert de Flers devint directeur littéraire du Figaro et fréquenta un temps l'arène politique comme conseiller général de la Lozère.
Les « Immortels » ne tinrent pas rigueur à Robert de Flers de la pièce qu'il avait écrite sur l'Académie, et l'élurent, le 3 juin 1920, par 26 voix sur 30 votants, au fauteuil d'un autre marquis, Pierre de Ségur. Robert de Flers appartenait à une famille qui comptait déjà plusieurs membres de l'Institut : il était arrière-petit-fils de Charles Giraud, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, et petit-fils d'Eugène de Rozière, membre de l'Académie des Inscriptions et belles lettres, et était devenu par son mariage le gendre de Victorien Sardou, membre de l'Académie française de 1877 à 1908.

Biographie extrait du site de l'académie 
française
(https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/robert-de-flers) 

Claude Terrasse
 
Claude Terrasse est souvent considéré comme le véritable successeur d'Offenbach par sa verve comique et son humour pénétrant et caustique. Il a su, comme Offenbach, se choisir des livrets pétillants d'esprit. La recette de base est la même : parodie d'une époque (antiquité grecque ; moyen âge ; milieux diplomatiques ; histoire biblique, etc.) avec un fourmillement d'anachronismes savoureux, de mots d'auteur, d'allusions politiques et sociales, sur une musique gaie, spirituelle, nerveuse, tout à fait contemporaine de l'époque de la création de l'oeuvre. Mais réduire Terrasse à cette tradition de la grande opérette française fin 19e serait oublier tout un pan de son oeuvre, beaucoup plus en adéquation avec l'esprit décalé qui régnait dans les milieux littéraires à Paris avant la grande guerre. Claude Terrasse est le compositeur de la musique de scène d'Ubu roi et sa collaboration avec Jarry s'est poursuivie toute sa vie. Il est le chaînon manquant entre Offenbach et Yvain, entre l'opéra comique du second empire et le théâtre musical d'entre deux guerres.

Gaston Arman de Caillavet

Gaston Arman de Caillavet (1869-1915) rencontre Robert de Flers dans le salon très parisien que tient Madame de Caillavet sa mère. Là, sont reçus Anatole France, Georges Feydeau,Meilhac et Halevy, Sarah Bernhardt, Réjane...

Il épouse en avril 1893 Jeanne Pouquet, en présence d'Anatole France. Ce dernier dont il était proche, emprunte certains de ses traits de caractère et des faits de sa vie, pour son personnage de Robert de St Loup de La Recherche.

Même génération, même univers social et culturel, même chemin dans le monde : tous deux collaborent au Figaro dont Robert de Flers devient le directeur littéraire.
Dès 1900, ils écrivent ensemble leur premier opéra-bouffe Les Travaux d'Hercule.
Puis les succès, auquel il convient bien sûr d'associer Claude Terrasse, vont s'encharner.

Il écrit une production abondante de pièce de théâtre, de livrets, une cinquantaine qui en ferons la coqueluche de ce début de siècle. Seule la mort de Gaston Arman de Caillavet en 1915 met fin à cette collaboration fidèle et féconde qui dura plus de 13 ans (1901-1914).

Des premières comédies légères Les Sentiers de la Vertu (1903) à la trilogie satirique Le Roi (1908) Le Bois sacré (1910) L'Habit vert (1912), leur succès ne se dément pas. Plus de 500 représentations en 1908 pour Le Roi ; davantage encore pour L'Habit vert.
En termes courtois, ils fustigent la bêtise et le snobisme d'une société qui rappelle par bien des aspects celle qu'évoque Marcel Proust dans "A la Recherche du temps perdu".